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La data et l'IA vues depuis le comité de direction

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Auchan divise par deux le coût d'exploitation de ses datacenters

Auchan a remplacé VMware et une partie du cloud public par une infrastructure Huawei. Ce que ce choix dit du budget informatique et des projets d'IA.

La rédaction · 21 octobre 2026 · 3 min de lecture

Auchan a remplacé ses serveurs sur site et une partie des machines virtuelles qu'il louait dans le cloud public par une infrastructure Huawei, et son coût d'exploitation est déjà divisé par deux alors que la migration n'est pas terminée. Pierre François Rudant, directeur technologique du groupe, a détaillé le projet lors de Huawei Connect 2026, à Florence, rapporte LeMagIT dans une étude publiée le 20 octobre.

Le groupe, présent dans douze pays, compte plus de 3 000 magasins, environ 160 000 salariés et réalise 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, selon le média.

Un ratio de dépenses jugé hors marché

Le point de départ est un constat financier, dressé il y a dix-huit mois. « Très clairement, nous avions le ratio le moins avantageux du marché entre nos revenus et nos dépenses en informatique », explique Pierre François Rudant. Le groupe exploitait, selon lui, quatre fois plus de ressources informatiques que son meilleur concurrent.

Deux événements ont servi de déclencheur : la fermeture d'un datacenter français devenu obsolète et la dégradation des relations avec l'éditeur de virtualisation en place. L'objectif affiché était de libérer à la fois du budget et du temps d'ingénieurs pour les projets d'innovation.

Ce qui a été remplacé

La virtualisation repose désormais sur DCS, la plateforme de Huawei construite sur l'hyperviseur libre KVM et administrée par la couche eDME. La bascule depuis VMware s'est faite avec l'outil Migration Director. Le stockage passe sur des baies OceanStor, dont la fonction HyperMetro synchronise les données entre sites.

Huawei ne commercialisant pas ses serveurs ARM en Europe, Auchan n'a pas précisé la marque de ses machines. LeMagIT suppose, sans confirmation, des serveurs x86 fournis en marque blanche par des partenaires locaux.

L'architecture compte deux sites de production actifs près de Lille, distants de plusieurs kilomètres, qui se répartissent la charge et peuvent chacun l'absorber seul. Un troisième site conserve des copies des deux autres et ne prend le relais que si les deux sont indisponibles, avec un objectif de reprise en moins d'une minute.

Trois semaines de déploiement, un contrat cloud à résorber

Le déploiement initial a duré trois semaines, par réplication progressive des machines virtuelles de l'ancien datacenter vers les deux nouveaux sites, sans interruption des opérations en magasin selon Auchan. Les temps de conversion et les règles de bascule n'ont pas été détaillés.

Reste à rapatrier les applications encore hébergées dans des clouds publics. Le plus gros de ces contrats coûte 7,5 millions d'euros par an, et le directeur technologique pense pouvoir le résorber d'ici la fin de l'année. L'extension aux autres régions du groupe est envisagée.

Ce que cela change pour une direction data

Le premier enseignement porte sur la méthode. Auchan a commencé par mesurer son ratio entre dépenses informatiques et revenus et par se comparer à ses concurrents, avant de choisir une technologie. Une direction qui ne dispose pas de cette mesure aura du mal à défendre un arbitrage comparable devant son comité de direction.

Le deuxième concerne les plateformes de données. Le groupe présente cette infrastructure comme le socle standard de ses futurs projets d'IA. Les choix d'hébergement des données, des entrepôts et des modèles dépendront donc d'une infrastructure arrêtée d'abord pour des raisons de coût. Les équipes data ont intérêt à être associées à ce type de décision avant qu'elle ne soit prise.

Le troisième tient au fournisseur. Huawei, numéro deux mondial des baies de stockage derrière Dell selon IDG cité par LeMagIT, met en avant des prix inférieurs à ceux des fournisseurs américains et des configurations plus adaptables par les intégrateurs locaux. Son image en Europe reste toutefois affectée par les tensions entre la Chine et les États-Unis, et l'Union européenne a restreint le déploiement de ses équipements 5G.

Un groupe qui envisage la même trajectoire doit donc peser l'économie annoncée contre un risque de dépendance d'une autre nature. Pierre François Rudant met en avant l'intégration native entre virtualisation et stockage chez un même fournisseur : c'est aussi ce qui rendra une sortie ultérieure plus coûteuse.

Ce qui reste à confirmer

Les chiffres publiés sont ceux du groupe, prononcés sur l'événement d'un fournisseur. La division par deux concerne le coût d'exploitation, pas l'investissement initial, dont le montant n'a pas été communiqué. Le gain réel se lira lorsque les contrats de cloud public auront été effectivement résorbés et que l'infrastructure portera les premiers projets d'IA annoncés.

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